La Naturopathie foudroyée, de Robert Masson

//La Naturopathie foudroyée, de Robert Masson

Pourquoi je l’ai dévoré ? Tout est dans le titre. « La Naturopathie foudroyée : mythes, mensonges et erreurs graves en nutrition et en naturopathie », c’est le dernier né de Robert Masson, naturopathe que l’on ne présente plus, fervent défenseur de médecines naturelles. Du crudivorisme à l’irrigation colonique, en passant par la consommation de viande rouge et la crème Budwig, cet ouvrage compile toutes les méthodes, pratiques et autres régimes préconisés par certains naturopathes, qui semblent parfois aller à l’encontre du bon sens… Par ce livre, Robert Masson tente de jeter un pont entre mode de vie et physiologie.

 

L’AUTEUR

Robert Masson avait 15 ans lorsque les médecins lui ont annoncé qu’il n’atteindrait jamais la majorité. Pour comprendre l’origine du mal qui le frappe, il se plonge à corps perdu dans l’étude des plantes, de la nutrition et des médecines naturelles. Soixante ans et une bonne vingtaine de livres plus tard, Robert Masson consacre toujours toute son énergie à la pratique et à l’enseignement de la naturopathie. Les curieux trouveront l’intégralité de son parcours sur son site.

+ + +

 

Ce qui a retenu mon attention…

 

★ Le crudivorisme : qui mange cru, mange juste ? ★

Moi qui prône l’équilibre, Je n’ai jamais trop su quoi penser de cette tendance. J’ai toujours été tiraillée entre l’idée séduisante que le cru puisse apporter des vitamines intactes et le fait que, passer la saison estivale, le corps réclamerait sûrement des plats chauds… Robert Masson y consacre plusieurs pages :

Selon ses observations, le « crudivore intégral perdrait de 3 à 6 kg par an, amenant l’individu à un état de maigreur, de dévitalisation, de frilosité et de décalcification de plus en plus avancé. » Pour comprendre le phénomène, il fait une comparaison entre l’homme et l’animal, dont la vitalité est répartie de la façon suivante :

 

  • l’animal : 25% sur le plan cortical cérébral, et 75% sur le plan végétatif viscéral, donc métabolique et digestif. Le capital enzymatique est énorme : l’animal peut donc digérer le totalement cru
  • l’homme : 75% sur le plan cortical, cérébral, cérébro-spinal, et 25% sur le plan végétatif viscéral, donc métabolique et digestif. Le capital enzymatique est faible : l’alimentation doit être 1/4 crue (apport vitamines hydrosolubles) et 3/4 cuite (prédigestion des aliments)

 

Comment la cuisson prédigère-t-elle l’aliment ?

 

Cuisson à l’eau, ou à la vapeur, d’une pomme de terre

Perte des liaisons hydrogène de l’amidon de la pomme de terre

Structure plus lâche et plus hydrophile

Plus hydrophile donc plus apte à l’hydrolyse enzymatique, c’est à dire à la digestion.

 

Crue, la digestibilité d’une pomme de terre est de 14 à 18% alors que cuite, elle grimpe à 96%. Et figurez-vous qu’il en est de même pour la banane ! Cuite, elle est beaucoup plus digeste que lorsqu’elle est consommée crue…

Le chapitre se poursuit sur le détail des différents types de crudivorisme existants, accompagné d’explications physiologiques et des risques que peuvent engendrer ce régime. Tout à fait passionnant, soit dit en passant.

Sommaire du livre de Robert Masson sur la naturopathie

★ Céréales + légumineuses = protéine animale ? ★

Le mythe de la complémentarité, l’argument que je brandissais autrefois au nez de celui qui me demandait pourquoi j’ai mon poids en lentilles de toutes les couleurs dans la cuisine, s’est définitivement effondré… Robert Masson explique :

Aucune protéine végétale n’est complète. En effet, les céréales et oléagineux sont carencés en thréonine, lysine et isoleucine alors que les légumineuses, quant à elles, sont carencées en tryptophane, méthionine et cystine. La logique aurait voulu qu’en associant les deux, tous les aminoacides (comprenez « acides aminés », les molécules qui entrent dans la composition des protéines) dont on a besoin sont réunis…

 

Oui mais non parce que l’organisme n’utilise les aminoacides qu’en fonction de celui présent au minimum : chacun doit donc être présent, et en quantité suffisante.

 

Robert Masson évoque ensuite le problème des nutriments, dans le cadre d’une alimentation végétale. Il rappelle que les végétaux ne contiennent pas de vitamines A, D3 et B12, ils sont en revanche pourvus de fer mais qui se trouve être peu assimilable, même chose pour le zinc.

 

★ Toutes les monodiètes sont bénéfiques ? ★

Pour moi, la question ne s’était jamais posée, toutes celles que j’ai suivies m’ont toujours requinquée. Je m’étais même persuadée qu’il était bénéfique de mettre son corps au repos de temps à autre, histoire de le désintoxiquer… Robert Masson ne semble pas de cet avis et soutient même que les diètes et monodiètes de fruits tuent.

 

« Les diètes de pommes crues, fraises, framboises, cerises, ananas, oranges ou pamplemousses sont extrêmement dangereuses, surtout lorsqu’elles sont poursuivies pendant plusieurs jours. »

 

L’auteur nuance le propos en expliquant que tout est question de tempérament (ceux d’Hippocrate : bilieux, sanguin, nerveux, lymphatique). Ainsi, un individu « congestif sanguin » (comprenez, bon mangeur, bon buveur) pourra tout à fait suivre la diète aux fruits alors qu’un individu frileux (comprenez, longiligne) devra s’en abstenir, sous peine de se déminéraliser, et préférer celle au potage de légumes et pommes de terre ou celle au riz.

Robert Masson explique : « Dans une alimentation dite normale, lorsqu’une personne prend des fruits à 17h en quantité modérée, elle reçoit les acides des fruits, mais comme l’ensemble de l’alimentation, avec les œufs, les légumes et les divers aliments apportent des bases minérales, les acides non comburés pourront dans ce cas être tamponnés, transformés en sel pour être éliminés par les urines.

Par contre, lors d’une diète aux fruits, si l’individu ne mange que des fruits pendant vingt-quatre heures, rapidement sa réserve minérale va être spoliée pour tamponner les acides non comburés. » Donc si je comprends bien, l’organisme va piocher dans ses réserves de minéraux pour compenser l’important apport d’acides par les fruits.

En bref, parce que le chapitre s’étend encore, il faut retenir que la durée d’une diète dépend des réserves pondérales de chacun… Et qu’il y a une exception à la règle : la cure de raisin, acceptable par tous, à plus ou moins long terme.

 

+ + +

 

Je n’ai sélectionné que trois thématiques mais, vous l’aurez compris, Robert Masson en aborde bien d’autres tout aussi intéressantes : les huiles essentielles, les Omégas-3, le jus d’orange du p’tit déj’, la viande rouge, le blanc d’œuf, les produits laitiers, l’alimentation selon les groupes sanguins, le muesli… et j’en passe.

Le livre se prolonge avec une série de témoignages édifiants, de patients ou de lecteurs, pour illustrer le propos, et s’achève sur quelques pistes pour optimiser sa vitalité : du sommeil, du contact avec la nature et une l’alimentation saine, dépourvue de grignotage, d’alcool et de tabac…

 

La Naturopathie Foudroyée, de Robert Masson
Editions Guy Trédaniel – 22 euros

2017-01-26T09:34:08+00:00 17 août 2016|4 Comments

4 Commentaires

  1. Margaux 4 octobre 2016 at 19 h 12 min - Reply

    Si je comprends bien, pour ne pas avoir un régime alimentaire carencé pas le choix de manger des produits d’origine animale ? Qu’est-ce que tu préconises si on veut limiter sa consommation de viande ? Et que pensez du tofu, tempeh et seitan est-ce qu’eux se sont des protéines complètes ?

    • Ombeline 4 octobre 2016 at 19 h 58 min - Reply

      Un repas équilibré, c’est une assiette qui comprend une source de protides (viande, poisson, oeuf, soja, légumineuses) + une source de crudités, à laquelle on ajoute un filet d’huile végétale de bonne qualité + une source d’amidon (donc de féculent ou de céréales) + une source de légumes cuits. Ca, c’est la théorie. En pratique, chacun est libre de composer son assiette comme il l’entend, en fonction du temps dont il dispose, de ses valeurs, de ses convictions, de ses envies… et que sais-je encore, mais les besoins du corps restent les mêmes.

      Si tu souhaites limiter ta consommation de viande, il y a mon sens deux choses à faire : la 1ère, faire la part belle aux oeufs, et la 2è, choisir une viande d’excellente qualité chaque fois que tu décideras d’en manger.

      Qu’est-ce que tu entends par « protéines complètes » ?

      En ce qui concerne le tofu et le tempeh, deux aliments dérivés du soja, je t’invite à en modérer ta consommation puisqu’ils contiennent des purines et sont « oestrogèn-like », ce qui signifie qu’ils agissent comme des hormones une fois ingérés. Quant au seitan, qui lui est préparé à base de protéines de blé, tu peux en manger de temps en temps, à condition de bien le mâcher, mais il ne rentre pas dans la catégorie des protéines.

  2. Yzy 20 octobre 2016 at 23 h 23 min - Reply

    Tu viens de me stresser je mange beaucoup de soja !! Enfin merci pour ce partage ça donne à réfléchir tout ça !!

  3. Mia 9 mai 2017 at 17 h 53 min - Reply

    Je l’ai aussi lu il y a quelques mois et je l’ai bien apprécié, c’est un livre intéressant que je conseille 🙂 D’ailleurs j’ai vu que tu avais un partenariat avec le vitaliseur de marion il est top 🙂 ! Je suis des études de naturopathie, si tu veux jeter un oeil à mon blog sur les cosmétiques: https://behealthier.co
    Au plaisir! 🙂

Laisser un commentaire