La première fois que je me suis retrouvée nez à nez avec une mère de kombucha, j’ai gentiment décliné l’invitation à goûter. Imaginez-vous, elle était là flottant, imposante à la surface du bocal, blanche et visqueuse, ça n’était pas franchement engageant… Et pourtant, une fois en bouche, il a bien fallu admettre que c’était délicieux ! Depuis, je me suis mise à réaliser mon propre kombucha. Aujourd’hui, je vous propose un zoom sur cette boisson qui, en plus de surprendre les papilles, présente de multiples vertus pour l’organisme.

Le point NaturOh !

Le kombucha, c’est avant tout une histoire de fermentation de thé sucré. La magie opère grâce à un genre de champignon, que l’on appelle “souche”, “mère” ou “SCOBY”, pour les polyglottes, acronyme de Symbiotic Culture of Bacteria and Yest. Comme son nom l’indique, c’est un mélange un peu gluant de levures, qui permettent la fermentation du sucre en alcool, et de bactéries, qui à leur tour transforment l’alcool en différents acides organiques, vitamines, fibres et autres formidables molécules. Et c’est de cette culture symbiotique que naît la précieuse boisson !

Pétillant et légèrement sucré, le kombucha est surtout apprécié pour ses innombrables propriétés. Riche en probiotiques, il alimente la flore intestinale et aide à la digestion. Son pH acide en fait un allié contre les indésirables, tels que le Candida albicans, Helicobacter pylori ou encore Escherichia coli. On vante aussi son action sur le cholestérol et le vieillissement cellulaire, grâce aux antioxydants qu’il contient. On l’apprécie encore pour son côté “détox”, à juste titre, puisqu’il est diurétique et soutient tout le système hépatique. En résumé, le kombucha réduit les inflammations, renforce le système immunitaire… et tout l’organisme.

Comme toutes les bonnes choses, le kombucha se consomme sans excès. Notez qu’il est déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes et que les personnes ayant l’émail des dents fragile, le foie dans les chaussettes ou les reins capricieux devraient s’abstenir d’en boire.

A vos spatules, voici la recette

Réaliser votre kombucha n’est pas sorcier, il suffit juste de respecter quelques règles et de s’armer de patience, le temps que les micro-organismes s’activent.

Pour commencer, il vous faut une souche. Certains restaurateurs en donnent parfois, des particuliers en proposent également via les réseaux sociaux. Si vous habitez Nantes ou sa région, je vous invite quant à moi à suivre ma page Instagram sur laquelle j’en offre régulièrement. Vous aurez aussi besoin d’une grande bonbonne en verre avec un robinet, que vous stériliserez avant la première utilisation, et d’un linge pour conserver le bocal à l’abri de la lumière, le temps de la fermentation.

MATÉRIEL INGRÉDIENTS
une bonbonne en verre avec robinet (3L)
un grand récipient, type maxi bocal de cornichons
un linge
une cuillère en bois
une passoire en plastique
2 x 1 litre d’eau
2 grosses pincées de thé vert bio
4 grosses pincées de thé noir bio
100 gr de sucre blond
une souche mère
1 verre de vinaigre de cidre (ou le liquide dans lequel baignait la souche)
  • 1ère étape : préparer le thé

Avant toute chose, lavez-vous les mains et attrapez votre cuillère en bois. Le champignon n’aime ni les mains sales, ni le métal !

Mettez le thé vert, le thé noir et le sucre dans un grand récipient. Faites bouillir 1L d’eau, versez-le sur le mélange et remuez. Laissez infuser 10 bonnes minutes.

  • 2ème étape : placer le champignon

Filtrez le mélange à l’aide d’une passoire, au-dessus de la bonbonne, puis ajouter 1L d’eau froide. Laissez totalement refroidir. Ensuite, placez délicatement le champignon, face blanche sur le dessus, ainsi que le liquide dans lequel il baignait (à défaut, un verre de vinaigre de cidre) et fermez hermétiquement la bonbonne. Vous n’avez plus qu’à la ranger, couverte d’un linge, dans un endroit au sec et patientez entre 8 et 12 jours.

  • 3ème étape : mise en bouteille

Un conseil pour préserver le pétillant : préférez le conditionnement en bouteilles de verre, avec bouchon mécanique. Lorsque vous récupérez la boisson, veillez à toujours en laisser un fond, en guise de “starter”. Personnellement, le robinet fait office de repère, je ne vide jamais au-delà. C’est ce liquide qu’il faudra utiliser lorsque, vous aussi, vous serez en mesure d’offrir une souche ! Oui parce qu’avec le temps, le champignon s’épaissit et forme des rondelles qui finissent par se détacher. C’est la souche mère qui libère ses enfants, si vous préférez !

Pour finir, n’hésitez pas à parfumer votre boisson avec quelques raisins secs et/ou petits morceaux de gingembre frais ! Pensez à conserver vos bouteilles au frigo… Bonne dégustation !