J’ai récemment été invitée par Nouveaux Cycles, une association bordelaise dont le festival a brillamment titillé quelques tabous, pour un séminaire dédié aux professionnels de santé. Ensemble, nous avons imaginé le parcours gynécologique idéal, que l’on souhaiterait davantage bienveillant et respectueux, pour le soignant comme pour le patient. A force d’entendre prononcer ce mot « patient », m’est venue toute une réflexion autour de ma posture de naturopathe. Depuis, j’ai décidé que non, je ne vous considèrerai plus comme des patient.e.s mais comme des client.e.s, je vous explique pourquoi.

Un vocabulaire controversé ?

Je me souviens qu’en cours, j’avais déjà du mal à apprivoiser le mot. Vous appeler « patient.e.s », c’était me ranger aux côtés du corps médical, en adopter les codes et le vocabulaire, rejoindre les sachants. Ça me chiffonnait parce que tout au long de ma formation, on n’a eu de cesse de me répéter qu’un naturopathe, c’est un éducateur de santé, pas un médecin. Et puis, à cette époque là et compte tenu de mes expériences personnelles, je n’avais pas spécialement envie d’être identifiée comme tel…

Le hic, c’est que je n’étais pas à l’aise non plus avec le terme de « client.e.s ». La connotation commerciale me paraissait aux antipodes de mes intentions. Pourtant, et bien que je ne sois pas habilitée à poser un diagnostic, j’évolue néanmoins dans le domaine de la santé. Alors, que faire ?

Jusqu’à présent, j’ai suivi la tendance sans tellement interroger le poids des mots. Je m’aperçois qu’aujourd’hui, le vocable ne colle plus du tout avec mon approche !

Client.e.s et acteur.ices de sa santé

Lors du séminaire, nous nous sommes rapidement accordés sur un fait : la posture des gens qui consultent a changée. Médecins, gynécologues, ostéopathes mais aussi doulas et sages femmes, infirmiers, sexologues, conseillères MOC (méthode d’observation du corps)… Même témoignage ! On se présente désormais en cabinet en ayant fait des recherches. La relation « soignant/patient » bascule… Le patient n’est plus passif, celui qui se contente d’attendre quelque chose de l’autre, il devient acteur.

Voilà une posture qui rejoint ce que je prône ! Si je mets l’ensemble de mes connaissances et de mes compétences au service de votre santé, je ne vis pas dans votre corps. C’est à vous d’expérimenter, d’être à l’écoute, de vous laisser ressentir… C’est pour cette raison que, lorsque l’on me demande combien de temps il faudra pour rééquilibrer tel ou tel dysfonctionnement, je réponds toujours que les résultats seront à la hauteur de votre engagement. J’offre des clés, libre à vous de vous en saisir !

Vous considérer comme des client.e.s, c’est ajuster le curseur et nous remettre, vous et moi, à la juste place. Tout comme m’affranchir du traditionnel bureau, qui nous sépare en cabinet, pour créer un espace plus propice à l’échange…

 

Qu’en pensez-vous ? Vous sentez-vous client.e.s ou patient.e.s ?